Que l’ère de l’indignation commence!

Tellement de choses à dire en cette rentrée 2019…

Maxi Crapule est entré au CP et Mini Crapulette en grande section. 2 écoles différentes. Un petit « grand » un peu pommé. Les 2 premières semaines d’école sont loin d’être complètement sereines pour mon fils, il n’a pas envie d’aller à l’école, les plus grands l’embêtent, la cour lui parait trop grande et le fait flipper…Rien de catastrophique mais pour moi, le moindre caillou dans la chaussure doit être éradiqué le plus rapidement possible.

Alors aujourd’hui je suis révoltée. Il m’en faudra peu tu me diras. Mais c’est comme ça. J’en ai marre de découvrir chaque jour qu’un monde meilleur est à portée de main et que personne ne fait rien, ou trop peu. Lorsque je suis devenue maman, j’ai eu rapidement besoin d’aide par rapport aux questions que je me posais quant à l’éducation que je voulais donner à mes Crapules. J’ai trouve des réponses grâce notamment aux ouvrages d’Isabelle Filliozat, Catherine Gueguen, ou encore Carole Bloch, toutes expertes dans le domaine de l’éducation (oui que des femmes, mais ça je n’y peux rien). Et je constate presque 6 ans après que le mot « bienveillance » est devenu tabou, qu’il ne faut surtout pas prononcer ce mot sous peine de débats interminables et bien sûr stériles. Alors que ce mot est simplement synonyme de BON SENS.

Le bon sens, l’éducation du bon sens, c’est exactement de cela qu’il s’agit. C’est le terme utilisé par Céline Alvarez lors de sa conférence qui a eu lieu à Strasbourg hier, et qui reflète complètement cette méthode éducative qui n’en est pas une. Je ne sais pas si je suis vraiment claire et ça part dans tous les sens, mais dans mon cerveau de blonde c’est la même chose.

Mon fils n’est pas bien à l’école et ça n’est pas normal. Quand j’entends mes proches, famille, amis, connaissances, me parler du système scolaire, que tout le monde se rend bien compte que quelque chose cloche, depuis des années, pas depuis hier, mais que rien ne change, je ne comprends pas. Cependant je vois de plus en plus d’indignés comme moi qui se lèvent et prennent la parole pour dénoncer le système, pointer du doigt les défaillances d’une institution, dire tout haut ce que beaucoup de monde pense tout bas. Et en remerciement, ces personnes deviennent des persona non grata, des parias, la foule crie au scandale, au mensonge même, malgré les preuves indiscutables d’expériences scientifiques menées sur le terrain (comme l’expérience à Genneviliers menée par C. Alvarez, je vous laisse voir la vidéo sur Youtube).

Mon fils ne trouve pas sa place à l’école, ce n’est pas le seul, et je ne vais pas jouer à la maman louve qui protège son petit, mais je ne m’attendais pas à ça. J’avais confiance dans ce système (même si je dis le contraire dans tous mes articles, je me suis faite une raison, mon fils ira dans le public et pas dans une école alternative, ok pourquoi pas, peut-être m’enflammais-je lorsque je disais que l’école classique ne vaut plus rien etc… Voici ma remise en question, que je suis prête à faire tous les jours s’il le faut). L’évidence est là. L’école ne joue pas son rôle. Les têtes pensantes, qui croient qu’à coup de réformes ridicules qui ne font que cacher la poussière sous le tapis, le système scolaire va s’améliorer, et qui s’auto-congratulent d’avoir rajouté deux lignes sur les programmes gargantuesques de l’école primaire, JE SUIS REVOLTEE de vos agissements éhontés! Que croyez-vous faire? Apporter votre petite pierre à l’édifice? Mais l’édifice est fissuré, rafistolé, branque-ballant, et vos petits coups de pioches ne font que le détruire un peu plus.

Je suis une maman indignée par tant de mépris. Le gouvernement ne s’occupe ni de ses enfants, ni de ses vieux. Aux deux extrémités, le mal-être ne cesse de croître, et vous pensez qu’une réforme va suffire? Qu’une circulaire apaiserait les tensions créées depuis des décennies? IL FAUT UNE RÉVOLUTION.

Revoyez la copie. En ce qui concerne l’éducation, les neurosciences donnent les clés de ce que pourrait être demain l’enseignement. Renouer avec la VIE, avec le concret, laisser aux enfants apprendre à leur rythme, sans stress, et ne pas les cantonner à leur classe d’âge, les laisser explorer, donner plus de liberté à l’enseignant, le laisser transmettre ses connaissances, mais aussi laisser aux enfants la possibilité de transmettre leurs connaissances, dans un échange gagnant-gagnant. L’enfant n’est pas une plante qu’on arrose, qu’on inonde.

Aujourd’hui je suis rassurée de savoir que je ne suis pas seule. Nous sommes nombreux. Je me croyais utopiste de rêver d’un monde meilleur, d’un système bienveillant, d’un cercle vertueux. Je sais désormais que cela est possible. Dans combien de temps? Aucune idée. « Seul on va plus vite. Ensemble on va plus loin ».

Je suis une maman qui veut faire bouger les choses, qui ne veut plus seulement croiser les doigts et espérer. Qui veut réellement que le bon sens revienne, que l’on vive avec notre époque. Que l’empathie fasse partie des domaines d’apprentissages scolaires. Que l’entre-aide soit naturelle. Qu’on éteigne les écrans et qu’on aille boire l’apéro au parc,  en forêt, dans la nature.

Alors indignez-vous comme dirait Stéphane Hessel, l’heure de la révolution a sonné. Tremble Education Nationale, les parents révoltés arrivent, ça va claquer des dents.

Vous aussi vous êtes indignés par l’Ecole? Dites-le moi en commentaire! Vous avez commencé la révolution à votre échelle? Dites-nous comment en commentaire!

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Les étiquettes Stickerkid, test et avis

Maxi Crapule va rentrer au CP début septembre. A ce titre, il a reçu une liste de fournitures scolaires que nous nous sommes empressés d’acheter afin que tout soit plié dès le début des grandes vacances. Le partenariat proposé par StickerKid arrivait donc à point nommé!

StickerKid est une entreprise Suisse, la qualité de leurs étiquettes est optimale.

Le pack a été commandé un lundi et reçu le mercredi suivant, ultra rapide. J’ai donc demandé aux Crapules de m’aider à préparer les affaires de classe de Maxi, ils se sont appliqués à coller les étiquettes, il faut dire que c’est un jeu d’enfant!

Afin de ne pas dévoiler le nom de famille de mon fils, j’ai volontairement flouté les photos.

Le rendu est top, mon fils est fan de la couleur verte, nous avons donc choisi ensemble sur le site le design de ses étiquettes en fonction de ses envies, il y a un paquet de choix! La calligraphie, la couleur, le petit dessin à côté…Tout est personnalisable, nous avons mis une 20aine de minutes à choisir ce qui lui convenait le mieux.

Ce qui me plaît énormément, c’est l’offre pléthorique du site. Il n’y a pas que les étiquettes dans la vie, y’a les posters aussi 😉 Et les porte-clés, et même des étiquettes avec la photo de ta Crapule!

En ce moment, il y a de superbes offres promos, alors on n’hésite pas, et on prépare la rentrée tranquillement avec StickerKid.

Voici mon code promo: LMDDC-SK10 (-10%, valable jusqu’au 15 août 2019)

Merci à Stickerkid, et plus particulièrement Chemya pour son offre découverte.

Ecoles alternatives, pourquoi j’y crois

Une feuille volante. La maîtresse a vu que je mettais une feuille volante dans mon sac. Alors elle a renversé mon sac, devant tout le monde, et m’a crié dessus pour que je range mes affaires illico presto.

Je pleurais, énormément, parce que cette école ne m’inspirait pas, parce que la maîtresse pensait qu’on pouvait réfléchir comme un adulte, parce que je n’avais pas de copines. Mais la maîtresse a dit à tout le monde de me laisser chialer, de toute façon c’était tous les jours le même cirque tant pis pour moi.

Ce que tu dis n’a aucune valeur. Ce que tu es est inférieur à un adulte. Ce que tu ressens compte peu, l’objectif c’est d’avaler les leçons et de rendre satisfaction aux profs, et à travers eux, à tes parents. Voilà ce que m’a apporté l’école. Du stress, des angoisses, de la sous-estime. Bien sûr, j’ai aussi appris à m’en sortir par moi-même et à perséverer. J’ai eu de très bons profs en français et en anglais. C’est une des raisons pour lesquelles je suis plutôt douée dans ces matières. Plus j’étudiais après le bac, plus je trouvais cela intéressant. Mais avant ça, pendant 18 années, je n’ai trouvé en l’école qu’une corvée à réaliser, qu’un devoir à accomplir pour évaluer ma personne, qu’un passe-temps qui ne me plaisait pas, un endroit où j’étais bien obligée de m’acclimater.

Qui n’a jamais eu mal au ventre avant de partir pour l’école? Qui n’a jamais dit à sa mère « je ne veux pas y aller? ». Qui ne s’est jamais demandé pourquoi il fallait y aller.

On peut dire que ce n’est pas à l’école d’éduquer, mais c’est se voiler la face pour moi. Bien sûr qu’on est éduqué par l’école, et pas qu’instruit. En tant qu’adulte en devenir, on se cherche parallèlement aux cours que l’on suit. On rencontre des instits, puis des profs, avec lesquels on noue une relation. Cette relation peut déterminer notre parcours scolaire. Parce que le rôle de l’enseignant n’est pas à minimiser. Je ne dis pas que tout lui incombe. Je dis qu’on remet une partie de notre jeunesse, de notre insouciance, de notre innocence dans leurs mains. Et que l’impact qu’ils peuvent avoir dans nos vies n’est pas à prendre à la légère.

En tant que maman, je me pose dorénavant la question de la cohérence du mode d’apprentissage de mes enfants par rapport à leur personnalité. Chaque individu est différent. Les expériences que j’ai décrites plus haut, auraient peut-être été vécues différemment par quelqu’un d’autre. Chacun fait avec ses ressentis, son interprétation de ce qu’il vit. Pourtant, on doit tous aller dans cette même école, apprendre les mêmes choses au même moment, être capable d’assimiler des pages et des pages de savoir, être à l’écoute d’adultes qui ne sont pas forcément à ton écoute. On n’apprend pas les émotions à l’école. On n’apprend pas à se recentrer sur soi. On n’a pas le temps de faire ça, il y a u n programme à suivre, à écouter, à comprendre, à recracher.

L’image la plus symbolique de ce que m’évoque l’école à l’heure actuelle est celle-ci:

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En plus de cette image peut flatteuse, je suis confrontée grâce à Maxi Crapule à une réalité que je tentais de fuir jusque là (merci de ton dévouement mon fils), mais que je peux de moins en moins nier: l’école met de côté ceux qui ralentissent le groupe. Maxi Crapule, né préma, a toujours eu un rythme « lent » pour ce qui est des apprentissages. Il lui faut sans doute plus de temps que d’autres à assimiler un savoir, et à comprendre le monde qui l’entoure. En contre exemple, sa soeur qui a un an de moins sait quasiment autant de choses que lui, voire les sait mieux que lui. Je m’arrête là pour la comparaison, car c’est peu révélateur, déjà parce que sa soeur est une fille, qu’en plus elle est n°2, etc etc…La comparaison n’a pas d’utilité, si ce n’est à percevoir un peu plus les limites de Maxi Crapule. Cela n’a évidemment pas échappé à sa maîtresse, qui n’a désormais de cesse de me rappeler qu’il ne sait pas compter correctement jusqu’à 6 (apprentissage qui doit être acquis à la fin de la moyenne section), qui souhaite donc que je le fasse travailler, car « il s’expose à de grosses difficultés en grande section ». Ce n’est pas que je n’ai pas envie de voir que mon fils a des difficultés. Ni qu’il met en grand danger sa scolarité oulala. Mais bon il a 4 ans. C’est fou comme il doit déjà être sous pression à cet âge, non? Et s’il n’en avait tout simplement rien à faire de savoir compter jusqu’à 6 parce qu’il n’en voit pas l’utilité?

Après toutes mes lectures sur le développement du cerveau de l’enfant, sur les aménagements possibles des classes pour rendre plus agréable l’acquisition des savoirs par l’enfant, sur les différents types d’éducation, j’ai fait un chemin, mon chemin, construit sur ce que je veux que l’école apporte à mes enfants.

Qu’est-ce que je veux que l’école apporte à mes enfants?

Je veux qu’ils se sentent libres d’apprendre ce qu’ils veulent au moment où ils le veulent. Je veux qu’ils trouvent en l’adulte responsable de leur journée un soutien, une aide dans leur acquisition du savoir. Je veux qu’ils puissent se sentir accomplis lorsqu’ils auront acquis de nouvelles compétences.

Tout ceci, je pensais l’avoir trouvé auprès des pédagogies Montessori, Steiner, Waldorf ou Freinet. Mais il manquait toujours cette responsabilisation pleine et maîtrisée de l’enfant en laquelle je crois énormément. Et c’est là que j’ai découvert la Sudbury School, ou « l’école démocratique ».

Au départ, j’étais sceptique. Une école où les enfants feraient ce qu’ils veulent de leur journée? Aucun intérêt. Puis j’ai vu la conférence TEDx du créateur de l’école démocratique de Paris . Et j’ai compris. Que ce n’était pas une secte d’hurluberlu. Qu’il ne ressemblait finalement pas tant que ça à Raël. Qu’en fait il n’avait pas tout à fait tort, voire même qu’il avait carrément raison.

Cette école est basée sur le fait que chaque membre est une voix, et que chaque voix compte. L’école est régie comme une petite société, les conseils juridiques permettent de réguler la vie de la communauté, et de veiller à ce que les règles, créées par les membres, et modifiables, soient respectées. Les membres décident de créer des clubs de ce qu’ils veulent, lecture, jardinage, musique…Toutes les idées sont prises et les moyens de parvenir à faire vivre ces clubs sont décidés en conseil de classe.

J’ai pu visiter une de ces écoles. Le postulat de la créatrice est simple: quelle est pour moi l’école idéale? En partant de là, tout est possible, et quasiment tout est faisable.

 

Alors oui ces écoles peuvent paraître chères, mais cela vient du fait que l’état ne conçoit qu’un seul principe d’éducation, le même pour tous. Ce qui est hors contrat d’état est privé, donc créé par des bénévoles, des personnes ayant pour vocation l’élévation des enfants. La vraie. Pas celle que l’on met dans les entonnoirs reliés aux cerveaux des élèves. Celle qui permet à l’enfant de s’élever, de se trouver, de se réaliser.

Comme je l’ai dit tout à l’heure, c’est mon chemin qui m’a conduit à voir en cette école une solution idéale à la façon d’apprendre de Maxi Crapule. Pour moi, cette école correspond au modèle idéal pour lui. Je ne sais pas si ma fille pourrait aller dans une telle école, elle qui correspond pour le moment parfaitement à l’école publique. Des parents présents à la porte ouverte de l’école Novagora de Strasbourg m’ont expliqué leur cas: ils ont 3 enfants, un garçon de 8 ans, et 2 filles de 12 et 14 ans. La recherche d’une école alternative a été décidée suite au parcours bancal du fils. Une fois l’école et l’inscription réalisée pour lui, les 2 filles du couple ont demandé « pourquoi nous ne pourrions pas avoir cette chance d’être dans cette école nous aussi? ». J’ai trouvé cela fantastique. Ca montrait bien que pour elles, cette école est une chance, et non une mise à l’écart. Les 2 filles avaient de bons résultats scolaires.

L’école que j’ai visité m’a laissé une bonne impression. Et pour que mon jugement ne soit pas trop subjectif, il se trouve que je suis arrivée en même temps qu’un couple souhaitant inscrire son fils de 13 ans (merci la vie). Enfin, plutôt en même temps qu’une maman qui souhaitait inscrire son fils, et qu’un papa qui était totalement contre cette idée. Au fur et à mesure de la visite, il devenait de plus en plus fermé au fonctionnement de l’établissement. C’est complètement normal d’être réfractaire à un fonctionnement si opposé au fonctionnement que l’on connait. Pour lui, son enfant n’allait rien faire de ses journées si aucune discipline n’était donnée, si aucune figure d’autorité ne remettait de l’ordre. Le modèle du prof qui sait et de l’élève qui ne sait rien a encore de beaux jours devant lui. Et si on se disait que l’élève a les clefs de sa propre réussite? Que lui seul sait ce qui peut lui convenir? Depuis l’ouverture de l’école, aucun élève n’a « rien fait » pendant des semaines et des semaines. Aucun élève n’a passé son temps à regarder la télévision ou à geeker devant l’ordi. Le papa a plus tard demandé à un membre de l’école (ils ne s’appellent pas élèves mais membres, pour bien comprendre qu’il n’y a pas de supériorité), ce qu’il souhaitait faire plus tard. Le jeune homme de 17 ans a alors répondu qu’il ne savait pas encore. Le papa a alors pris la perche pour démontrer que cela n’était pas possible qu’à 17 ans on ne savait pas encore quoi faire de sa vie. Je lui ai répondu que moi, du haut de mes 31, je ne savais toujours pas non plus.

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Une autre question que le papa a soulevé et qui n’est pas sans intérêt: et si l’enfant voulait ré-intégrer le système classique? Comment cela se passerait? Vu qu’il n’aurait aucun bulletin, que beaucoup d’écoles publiques dénigrent ce système et refusent des re-scolarisations dans le public? Une des membres de l’équipe a répondu à cela que si c’est réellement le souhait de l’enfant de ré-intégrer un système classique, alors de lui-même il se mettra au niveau demandé par la classe qu’il souhaite intégrer. Tout comme le brevet ou le bac. Si l’enfant souhaite passer ces diplômes en candidat libre, il peut le faire et y arrivera par lui-même. Je n’aurais pas su quoi répondre, et pourtant cette réponse me paraît évidente.

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Ma visite de l’école m’a confortée dans l’idée que ce serait une vraie opportunité pour Maxi Crapule d’en devenir un membre. Mais je n’exclus pas le fait qu’il puisse lui ne pas vouloir aller dans une école comme ça. Et je le comprendrais. Il est pour le moment sur liste d’attente, je le ferai visiter dès que j’en aurai l’occasion, pour connaître son ressenti et son impression.

Tout ceci est mon cheminement personnel, ma façon de voir les choses.

Et vous les Crapules, vous en pensez quoi de tout ça?