Dix ans et demi

Et voilà, on y est. Déjà 10 ans et demi de passés.

Hier encore on était au lycée. Tu me prenais la main dans le couloir menant à la classe d’Espagnol. On créait la surprise autour de nous.

Hier encore on se lançait dans le monde du travail avec plein d’espoir. On commençait à bâtir notre petite vie tranquille. On cherchait notre premier appartement, en compagnie de nos parents. On se projettait dans notre futur sans penser vraiment à ce qui pouvait nous arriver. Sans se poser de questions.

Hier encore on installait nos meubles dans cet ensemble de pièces qui deviendraient notre quotidien. On ouvrait cette porte en se sentant fiers de faire comme les grands. On avait notre chez nous, on etait passés de l’autre côté de la barrière.
Enfant/Adulte.

Hier encore on s’étalait un peu plus dans notre nouvelle vie en devenant propriétaires. On cassait des murs pour en reconstruire d’autres. Comme dans la vraie vie. On entamait notre vie ensemble avec la routine qui va avec. Qui aurait pu mettre fin à notre histoire aussi. Mais qui n’a finalement pas réussi.

Hier encore on apprenait qu’on serait bientôt trois. Quatre avec le chat. On vivait ensemble mais pas de la même manière cette nouvelle étape. On s’éloignait déjà.

Hier encore j’allais voir notre tout-petit-tout-neuf bébé à l’hôpital. Des épreuves difficiles pour nous qui pensions nous connaître si bien. Des jours passés à angoisser et finalement, un bébé-tout-neuf qui nous a mis d’accord. Il allait se battre pour vivre et nous amènerait vite un nouveau souffle, une nouvelle ambiance dans notre vie. Comme quand on achète le dernier Guetta. Version Lara Fabian pour les cris.

Hier encore on apprenait qu’on serait bientôt quatre. Cinq avec le chat. S’éloigner encore…apprendre à s’adapter vite. Devenir parents d’une famille « type ». Deuzadultes deuzenfants. Un chat. Toujours là celui-là.

Hier encore je devenais maman pour la seconde fois. Et découvrais ce sentiment étrange de devoir aimer deux êtres aussi fort. Tout en continuant à t’aimer toi.

Hier encore on se prenait la tête pour des conneries, je disais noir tu disais gris, poil au menton (j’ai pas trouvé de rime avec « gris »…). Ah non! Ca en fait c’était vraiment hier. Hé oui, même après dix ans et demi tu ne sais toujours pas que j’ai de toute façon raison…

Aujourd’hui on se comprend mieux, les petits grandissent (bouhouhouuuuu) et ça nous rapproche, finalement. On a encore pas mal d’étapes à passer, mais pour le moment, ca gère dans l’étagère, espérons que ça continue!

Parce que demain c’est mardi, et « le mardi c’est raviolis ».

Complètement folle celle-là 😁

En même temps j’ai écrit un billet sur nos 10 ans, j’allais pas te rabacher (un peu quand même) la même histoire! M’enfin! Crapule va.

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En dizant

Je sais que tu l’as vue. Ma faute d’orthographe. Elle est là pour que tu te demandes pourquoi. Afin que je te réponde « parce que c’est un jeu de mot ». Pourri, certes, mais explicite. Regarde:
Il s’est passé un évènement, il y a quelques semaines, dont je n’ai pas parlé. Pourtant cet évènement a changé ma vie. Il a fait ce que je suis devenue aujourd’hui. Sans lui, je n’aurais rien de tout ce que j’ai.

Avec le papa des deux crapules, nous avons fêté nos dix ans.

« Dizans ».

Et en le dizant, je me rends compte de ce que ça représente. Ce qu’on a vécu ensemble.

Il y a 10 ans…
Tu m’as pris la main, un matin, au lycée. C’était juste avant le cours d’Espagnol.
On s’envoyait des mots en cours, et mon fameux « t’es pas cap » s’est transformé en « ah bah t’es cap » 😉
On s’est embrassé dans le garage à vélo. Romantisme de folie, déjà à l’époque ^^
On a commencé notre histoire, en terminant le lycée.
On a dû choisir notre voie, on a décidé de s’installer ensemble.
Je savais déjà. Je savais que ce serait toi. Je savais qu’on continuerai.
Mais au fond je ne savais pas qu’on allait vivre tout ça.
J’imaginais notre avenir et ne l’imaginais pas plus beau qu’aujourd’hui.

Aujourd’hui…
On a à peu près la vie qu’on imaginait avant. La maison en moins. Les millions aussi. Gniii.
On ne s’imagine plus notre vie, on la vie.
Je sais que l’amour d’une maman est plus fort que les cris de deux enfants + un jouet Vtech en marche.
Je sais ce qu’est un préma, et un né à terme.
On a deux Crapules.
Non en fait on a deux belles Crapules pleines de vie, de sourires, et de ouinnn ouinnnn.
On a franchi pas mal d’obstacles. (notamment les paliers 3 / 5 et 7 ans) (en fait tous les ans 🙂 )
D’autres obstacles viendront encore se glisser entre nos pattes. Mais on leur pète le dents, aux obstacles.
On fait de notre mieux pour Maxi Crapule et Mini Crapulette.
On fait mal. On recommence. On fait mieux.
Ou pas.
Le matin je veux devenir ta femme. Le soir je demande le divorce.
Tu me prends la tête, alors je te casse les *bip*.
C’est équitable.
Et c’est pour ça que ça marche.

Dans 10 ans…
Nous aurons de nouvelles épreuves à surmonter.
Et nous les surmonterons. Sinon je te pète les lunettes.
Nos Crapules auront dix ans. Haaaaaaaaaaaa
Il faudra qu’on explique à Mini Crapulette que non elle ne peut pas avoir 10 bougies sur son gâteau en forme de Licorne parce qu’elle, elle n’aura que neuf ans, en fait.
Il faudra que je dise à Mini Crapulette que maman ne sait pas faire de gâteau licorne.
Nos Crapules ne seront peut-être plus deux?
Nan mais ça va pas!
Oh puis zut.
Dans 10 ans on sera pareil que maintenant, avec 10 ans de plus dans la tronche. On sera les « vieux ». De toute façon j’ai arrêté de compter mon âge depuis mes 25 ans. Depuis je ne vieillis plus. Tu en as de la chance, papa des deux crapules! Ne me remercie pas.

Bon, j’avoue, j’ai beaucoup de mal à me projeter.

Parce que le temps passe vite, et qu’il faut profiter de chaque instant.
Malgré nos disputes, nos désaccords, nos disparités…Je t’aime.

moi et papa crapule

Paf dans ta tronche! 10 ans de moins 🙂

Moment chamallow gneugneu. Hé oui je suis une fleur bleue. Prout. (Et je refais les mêmes blagues. Bravo tu es un fidèle lecteur) (re-prout du coup).

Le mélange de nos différences

Ya pas à tortiller du cul pour chier droit. On est différent sur tous les points. A tous les niveaux. Des pieds à la tête. De Mars à Vénus. Mais on le sait. Et on l’oublie. Enfin plutôt ça s’emplifie au fil des ans. On s’est connus tôt. Jeunes. Beaux. Aujourd’hui on est toujours jeunes et beaux (quoi?), on a juste 10 années de vie de couple en plus. Fin du lycée début des études. Fin des études début de la vie active. Fin de l’insouciance début des responsabilités. Faut grandir ensemble et c’est pas de la tarte. Je dirais même plus, ce n’est pas de la tarte flambée…
On a de la chance, on a déjà fait pas mal de choses ensemble. Juste tous les deux. Des voyages, des sorties, des soirées, des délires, des coups de tête, des prises de tête, ta tête de noeud. 😉 On a loué, on a acheté, on a procréé, on a hésité, on a recommencé. Deux bébés, deux beautés, double bonheur.
Certains diront que les opposés s’attirent, moi je dirais qu’à chaque situation son diction. Pierre qui roule n’amasse pas mousse car l’hirondelle ne fait pas le printemps quand l’hôpital se moque de la charité. Punaise j’ai l’impression de faire un slam. Grand corps malade. Petit corps plein de nutellasain. 🙂
La différence majeure de nos façons d’être concerne l’argent. Dépensière vs econome. Ou « je dépense donc je suis » vs « je m’appelle Picsou ». On n’a pas eu les mêmes vies, ceci explique peut-être cela, un tiens vaut mieux que deux tu l’auras. On ne voit pas la vie de la même manière. Carpe Diem vs « ca sert à quoi d’acheter une deuxième housse de couette »…Je pense bleu tu penses rose. Je dis oui tu dis non. Mais comment ils ont fait ces deux là pour se rencontrer et s’aimer?
Il y a 10 ans je pensais que ces petits « défauts » s’estomperaient. Je pensais que notre relation évoluerait et grandirait comme nous. Je ne dis pas, j’en ai aussi des défauts. Chuuuut. J’aime pas le dire (qui aime? Levez le doigt! Voilà personne c’est ce que je dis). J’adore jouer de ça lors de mes entretiens d’embauche, à la question « citez vos 3 défauts et vos 3 qualités » (on l’a tous eu celle-là hein), finir sur un « oui, en somme, vous avez les défauts de vos qualités ». Hé ouai toc dans le pif paf pouf. Revenons à notre tête de turc nos moutons. Le fait est que notre relation a évolué. Elle est devenue plus sûre. On sait d’avance sur quoi on va se prendre la tête. Limite c’est pas du jeu. C’est pour du beurre. Mais ça déraille. Et vlan ça repart en vrille. Faut se rappeler pourquoi on s’aime, comment c’est arrivé. Tout ce qu’on a vécu. Les réussites (mon bac) les échecs (ton bac) les prouesses (mon permis) les certitudes (ton permis) les exploits (mon compte épargne) les exploits sur-humains (notre compte joint)…Des efforts. Voilà où on en est. Il faut faire des efforts pour ne pas lâcher, ne pas abandonner.
Oui mais c’est sa raison d’être! 🙂 Malgré nos disparités qui semblent faire le grand écart tous les jours un peu plus, je ne peux pas me passer de toi. Trop de choses trop de cumul. Notre point commun ce sont les dix dernières années. Dix ans ensemble, c’est pas rien si? Et au bout de ces dix ans, le mélange de nos différences qui sont devenues deux petits êtres fragiles mais tellement, tellement NOUS. Tes yeux, ma bouche. Mon sourire ton regard. Tes cheveux mon menton. Le parfait mélange de nous deux sous la forme de deux crapules. Rien d’étonnant en fait ^^
Alors même si pour le moment ça nous paraît insurmontable, quand on gratte bien, fort, comme un ticket à gratter du tabac-journaux, on entrevoit les dix années suivantes, où le meilleur viendra percer ce mauvais nuage au-dessus de nos têtes.

Ou alors il percera directement ta tête et on pourra écrire un nouvel épisode de Game of Throne avec tes entrailles mwahahahahaha!!!!

Je ne suis pas une psychopate tu sais.

Gnignigniiiiiii