C’est le Jour 1, celui qu’on retieeeeent

Jour de captivité numéro 1 ➡ fait!

Ma première journée de boulot s’est bien passée! J’ai été choyée de partout par mes collègues en or 😍
Des sms depuis hier et des « welcome back », des bisous et des presque-roulage-de-pelle, des sourires et des « t’es qui toi déjà? » (Bah oui ya eu des nouveaux entre temps)

Au final, je me suis sentie comme chez moi, comme si j’étais partie hier mais que je m’étais prise une grosse porte de wc dans la tête: amnésie totale ou partielle sur certains points, mais aussi automatismes retrouvés sur d’autres points. Le téléphone sonne et je réponds à mes clients que j’avais laissé il y a 2 ans. J’ai même osé un « bisous » en raccrochant à une cliente avec laquelle je m’entendais bien à l’époque. Là elle me prend pour une folle. Normal.

On m’avait dit  » tu verras ça fait du bien de parler autre chose que de bébé ». Alors à ce sujet, non ça ne me fait pas « du bien ». Si j’avais pu rester avec mes Crapules deux ans de plus je l’aurais fait. Parce que j’aime être maman et que ça me remplit de bonheur (prout). Ce qui me plaît en revanche, c’est le fait de me sentir utile dans autre chose, et de me rappeler que je sais bien faire mon boulot. Enfin j’espère.

Je sais aussi que mes Ptites Crapules sont bien à la crèche. Malgré le grand n’importe quoi d’hier matin…où une maman est arrivée au moment où je laissais mes Crapules, complètement affolée d’avoir égaré son téléphone portable. C’est pas comme si elle habitait la tour en face…bref, les petits ont été totalement relayés au second plan, attente de 5 bonnes minutes entourés de gens stressés par cette ô combien malheureuse perte de portable…j’étais dégoûtée. Tout ça pour qu’elle le retrouve dans un des tiroirs de la crèche.
Cela ne s’est apparemment pas reproduit. Ouf. Manquerait plus que ça.

Ce soir, je n’ai pas ressenti de « je t’en veux » de la part de mes bébés. J’ai eu un câlin de Mini Crapulette qui a fini par s’endormir en tétant vers 19h. Et Maxi Crapule a passé un moment avec moi pour mettre son pyjama, brosser les dents et hop au lit. Un petit « aurevoir » de la main après l’histoire (expédiée en 1min top chrono, et c’est pas faute de vouloir tout lui lire, c’est LUI qui me ferme le livre et me demande de le ranger!!), on éteint la lumière étoile ikéa qui veille sur eux et bonne nuit tout le monde je vais aller faire la baleine échouée jusqu’à demain!

Demain, ce sera le jour 2, celui qu’on retient pas. Prouuut.

Publicités

Au boulot maman!

Mes Petites Crapules,

Demain, maman va reprendre une activité professionelle. Je vais aller dans un endroit où il y a des ordinateurs, comme celui qu’on a à la maison, je vais taper sur le clavier, et je vais répondre au téléphone. Je vais retrouver d’autres mamans, d’autres papas, et d’autres pas papa et pas maman et on va tous faire ça.
Dit comme ça, ça a l’air chouette hein. C’est comme un jeu. Je vais faire ça pendant que vous serez à la crèche. Maman sait que vous êtes bien à la crèche, donc je ne me fais pas de soucis. Pendant que je travaillerai, je penserai beaucoup, beaucoup à vous.
A ces deux années qu’on vient de passer ensemble. Vous avez transformé ma vie et l’avez rendue plus belle. Vos tout-petits vêtements, vos doudous, vos petites têtes blondes…

Je suis partie il y a deux ans, et durant ces deux années, j’ai eu deux grossesses, un bébé préma, deux retours à la maison, des séjours à l’hôpital, des nuits courtes, des visites chez la pédiatre, l’ophtalmo, des cadeaux taille naissance, des prénoms à choisir, une nouvelle vie à imaginer, du bordel dans le salon, des biberons à donner, des jouets à ranger. Des rires ont retentis, des pleurs aussi.

Après une immersion de 24 mois, notre bulle va se modifier, pour laisser place à une nouvelle étape. Il fallait bien que ça arrive un jour, ce jour c’est demain.

Je suis sûre que cela va être bien plus dur pour moi que pour vous deux. Comme le jour où vous avez été à la crèche pour la première fois. Ces quelques heures qui vont nous séparer vont nous permettre de mieux nous retrouver. Je vais vous bouffer, y aura pas le choix. Je vais vous apprendre à me faire une haie d’honneur à chacun de mes retours 😂

Mon retour au travail va me permettre de vous gâter comme j’aimerais tout le temps pouvoir le faire.
Maxi Crapule, tes 2 ans arrivent à grands pas, nous te ferons une belle fête avec des ballons et des gâteaux au « colat ». Ma Mini Crapulette tu ne seras pas en reste pour tes 1 an qui vont si vite arriver.

Voilà. Ce soir j’avais juste besoin que vous sachiez que maman vous aime par-dessus tout, à la folie d’amour jusque dans les étoiles, même si on va moins se voir. J’ai constament cette vague dans mon ventre qui me rappelle que vous avez été là-dedans, que vous serez à jamais en moi, chaque seconde à chaque instant.

Gros gros prout dans votre cou.

Maman Pouet pouet.

Au bout du boulot

J-30!!

Haaaaaaaaa!!

Reprise du boulot. Après 2 ans. 2 ans durant lesquelles j’ai materné, donné la vie, deux fois, dorloté, cajolé, aimé, versé des larmes, pleuré de joie, ri aux éclats, entendu des premiers mots, vu des premiers pas, eu très peur des premières chutes…

Deux années aussi intenses que magiques. Mon rôle de maman. Le rôle que j’attendais tant. Le meilleur rôle.

Quand je suis partie, je ne m’attendais pas à cette déferlante d’émotions, ces montagnes russes de sentiments, ces sueurs froides…je ne partais pas accoucher, je partais me reposer, profiter de mes derniers moments avant bébé.

Pourtant…

Je suis partie le 9/10/2013 au bout du rouleau, traînant une grossesse pas simple tous les jours mais que je vivais bien quand même. La gygy avait eu raison de moi. « Faudrait songer à se reposer maintenant ».
J’ai perdu les eaux le 12. Accouché le 14. Vécu des choses terribles, des premiers instants fragiles et de la retenue, beaucoup de retenue. Rentrés le 8 novembre chez nous. Apprendre une nouvelle vie à trois. Ton premier Noël. Tes premiers sourires. Tes premiers kilos.

Puis une nouvelle nouvelle. Je vais déjà être re-maman. Va falloir emballer les émotions et les garder pour plus tard. On remonte dans le train en marche rapide. Mon second accouchement. Ma fille dans mes bras. Ma vie dans mes bras. La petite soeur. Ma deuz’. Notre vie à quatre.

Je le dis vite parce que je l’ai vécu de la même manière.

Mon poste. Ma chaise au bureau. Je l’ai quittée hier. J’y retourne dans 30 jours. 30 petits jours. Commencer une vie « classique ». Retourner bosser avec en tête mes deux amours, mes deux bonheurs, les petits êtres de ma vie. Ce ne sera plus jamais pareil.

Pourtant mes clients, mes collègues, mes supérieurs, eux, n’ont pas changé. Ce sont toujours les mêmes (pour la plupart). L’impression de revenir en arrière. Ca fait très bizarre.

Paraît que ça va me faire du bien. Peut-être. Ou peut-être pas.

Ce qui me ferait du bien ce serait d’être comme les Kardashians. Vivre sans se soucier de choses tellement futiles comme euh…ah oui tiens! Savoir si les courses sont faites? Si le prix de l’essence a augmenté? Si la machine à laver va encore tenir ce mois-ci?
Ce serait bien hein. Je vais aller parler à Kourtney. Elle a l’air sympa elle. Faut que je lui dise deux mots.

Remarque, les pauvres, elles ne savent même pas changer une couche, elles. Vive les nourrices!

Je vais reprendre à taux partiel (oui je passe du coq à l’âne très facilement, faudrait que je songe à en faire un métier), du coup j’aurai mon lundi de libre. Les joies du congé parental. Amen.

Je vais être comme tous ces gens qui vont bosser en attendant impatiemment le vendredi. A la différence que moi, le lundi ne me deprimera pas 😄

En fait je dois être faite à l’envers. Quand je vois toutes ces mamans qui me parlent de leur besoin de retrouver une vie sociale, la nécessité qu’elles ont de parler d’autre chose que de pipi-caca-couche-bobo. Attention je ne critique pas hein! Je dis juste que je ne pense pas comme ça en fait. Je n’arrive pas à me dire que ma vie d’avant est droit devant moi, et que je vais y replonger dans quelques jours. Mais bon, je vais m’y faire! J’espère que ça passera vite, et que ça me paraîtra normal rapidement.

Advienne que pourra! Boulot me voilà!