Mes sages-femmes

Lorsqu’on rentre dans le monde merveilleux des mamans, on rencontre pas mal de personnes: gynécologues pour les échographies, sages-femmes pour les rendez-vous pré et post accouchement, puéricultrices, pédiatres…

Aujourd’hui, 5 mai 2015, étant la journée internationale des sages-femmes, je me devais de rendre un hommage à celles qui m’ont tant apportées tout au long de mes deux accouchements.

Je n’ai pas découvert leur existence en tombant enceinte. C’est même un métier qui m’a attiré il fut un temps. Mais trop de sang, d’aiguilles, de foufs, de mamans hystériques et d’hormones en feux. Pas pour moi.
Je suis de celles qui se sont tellement renseignées sur le sujet de la maternité, que leur rôle ne m’avait pas échappé. Les épisodes de Baby Boom. Je ne les ai pas juste regardés. Je les ai vécus. J’ai même poussé avec certaines accouchantes (si ce n’est toutes). Je vis la chose à fond quoi. Et quand je vois à quel point le rôle d’une sage-femme est primordial, je suis ébahie.

Par tant de sang-froid, de rigueur, de maîtrise. La sage-femme. Sagesse, en philo, la connaissance. Celui qui sait, c’est celui qui connaît. Le sage. Ben la sage-femme, mon dieu qu’elle te connaît! Sous toutes les coutûres, si j’ose dire.

J’en ai connu 4 au total:
1. Pour le suivi de ma première grossesse, et la rééducation du périnée post accouchement pour mes deux grossesses. Oui je n’ai pas voulu de cours de préparation à l’accouchement pour ma seconde grossesse. J’avais vu ce qu’était un accouchement sans péri la première fois, donc je savais très bien qu’aucune préparation ne pouvait atténuer la douleur. Fallait y aller puis c’est tout. Merci pour la rééducation du périnée, grâce à vous, je ne connaîtrai pas Téna.
2. Pour le suivi de ma seconde grossesse quand j’avais des soucis de tension. Trois fois rien, mais une sf à domicile fort sympathique.
3. Lors de l’accouchement de Maxi Crapule. Pas la meilleure que j’ai eue, pas rassurante pour le coup, alors qu’accouchement à 32+4 sa, plein de questions, d’interrogations mais pas une franche bonne rencontre, un peu à l’arrache plutôt d’ailleurs…mais une très bonne recouseuse 🙂
4. La meilleure pour la fin. Celle qui m’a aidée à accoucher de Mini Crapulette. Une pépite de sage-femme. Le caramel beurre salé de l’accoucheuse. A l’écoute, attentive, rassurante, je me rappelerai toujours de cet échange, moi la regardant paniquée, alors qu’elle m’annonçait que « plus de temps pour la péri », et que « ne vous inquiétez pas, le passage ne fera pas plus mal que vos contractions ». A elle, merci. Merci de m’avoir tenu la main lorsque j’avais besoin d’écraser des doigts. Merci de ne pas avoir ri lorsque je faisais ma tête de « je pousse tellement que mes veines vont sortir de ma tête et que mes cheveux vont atterir sur le plancher là maintenant, à côté de mes jambes qui ne veulent apparemment plus être reliées au reste de mon corps ». Merci d’avoir regardé le gynéco d’un oeil mauvais lorsqu’il m’a menacé des forceps. Merci de m’avoir permis d’attraper ma mini crapulette, et d’avoir ainsi respecté mon plus gros souhait sur mon projet de naissance. En gros, gras, surligné: « attraper moi-même la crapule ». Merci d’avoir choisi le pyjama que Maxi Crapule avait également porté, alors qu’il devait y avoir 10 autres tenues possibles dans ma grosse valise faite à la va-vite. Merci d’avoir dit à ma mère dans la salle d’accouchement que j’avais été héroïque.

Mais l’héroïne, ce jour-là, c’était vous.

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Toute première fois tou-toute première fois

Tu l’auras compris, maintenant que tu me connais, j’aime les doubles-sens. Gniiii. Donc là je vais te parler d’un truc qui m’a changée, qui a fait de moi celle que je suis aujourd’hui, qui m’a rendue plus mature aussi, plus vieille peut-être. Mon accouchement. Plus précisément, mon premier accouchement. De ma première crapulette. Mais avant ça, y a des choses à savoir sur moi. J’ai toujours voulu être maman. J’aimais les poupées, les vêtements pour poupées, les bébés des bébés de poupées. Hé ouais j’étais cette fi-fille là. Je jouais à la maîtresse aussi, et j’engueulais mes mauvais élèves avec autant de conviction que j’éduque mes vrais bébés aujourd’hui. Puis je suis tombée amoureuse. Et je me suis dit qu’il n’y avait rien de plus beau, pas de plus belle preuve d’amour, que de faire un bébé. MAIS CA VA PAS NON!!! Miracle de la vie Ameeeeeen!! Je n’ai pas fait cette terrible erreur de donner un merveilleux petit être humain à cet abominable pas-être-humain. Qu’est-ce qu’on peut être bête quand on aime à 16 ans… Mais voilà, mon obsession, ma passion, mon besoin existentiel d’avoir un bébé ne m’a pas larguée par sms, elle (clin d’œil à l’ex 😉 ). Et l’arrivée de monsieur-le-futur-papa ne m’a pas aidée. Enfin « l’arrivée »…plutôt la conscience de la présence dans ma classe de terminale Littéraire de THE homme! 3 mois à m’apercevoir qu’il était là, à côté du radiateur…discrétion de ouf. Je le voulais. Je l’ai eue. :). Tu le vois pas là mon big smile? Je t’en dévoile des choses, me sens toute nue!! J’ai été « bon prince » comme on dit, j’ai…attendu. Attendu, attendu, attendu. Mis mes désirs de côtés. C’est ça faire des concessions je crois. Quand, un beau jour d’avril 2011, il m’a dit « je suis prêt », je pensais qu’il parlait de repeindre un mur de notre chambre / aller faire des courses / apprendre à faire ses lacets (joke). Hé non, ça y était, il était PRÊT. READY. OK. Pour le bébé 🙂 Alors déjà, ce petit « prêt » avait mis du temps à venir, mais alors le petit « +++ » sur le test, lui, il s’est vraiment fait désiré!! 23 mois d’angoisse, de stress, de « c’est bizarre non », de « c’est toi ou c’est moi? » et de « faudrait faire des tests ». Des tests? Mais moi je ne veux en faire qu’un seul de test!! Un qui fait pas mal, qui demande pas beaucoup d’efforts, et qui fait sourire! A croire que tout le monde se liguait contre MON envie!! À un mois de commencer le parcours de la Procréation Médicalement Assistée, cette sensation de « je me sens bizarre » et ce déclic de « 2 jours de retard?? » m’a emportée dans un tourbillon de bonheur sur un nuage de tendresse. Nan je plaisante. Ça m’a juste emmenée à la pharmacie. Nettement moins glamour. 2 tests et 150€ en moins plus tard (sérieux, c’est cher c’te connerie…) me voilà au bureau, à faire pipi sur mon bâtonnet (je précise que je n’ai pas fait pipi DANS mon bureau, quand même j’étais pas à l’affût à ce point…). C’était un mardi 2 avril 2013. Et là. Et là. Ben là, t’as évidemment pas ASSEZ envie de faire pipi…Tu penses à ça toute ta vie mais à ce moment précis ton corps te dit « va chier ». Enfin. Gniiiii. Bref, je retourne dans le bureau, déçue que ce premier test ait échoué. Va falloir attendre le lendemain matin…Hé bien non!! Le test, que j’avais planqué dans ma botte, et ben je l’ai ressorti en toute discrétion quelques minutes après être revenue m’assoir, et là…Youhouuuuuu méga joie méga fête!!!! Intérieurement bien sûr, je suis dans le bureau, au travail, tranquille Emile!!! Mais je ne peux pas garder ça pour moi, alors hop hop j’envoie un sms au futur papa, tu l’auras deviné, c’était pas prévu comme ça, mais finalement, ça a eu son petit effet!

Et me voilà partie pour 9 mois de bonheur! Ou pas. Ce n’était pas la grossesse dont je rêvais, mais c’était ma première grossesse, ma mienne à moi, et je la trouvais parfaite! Nausées à gogo, saignements, allers-retours aux urgences réguliers, mais c’était magique de se sentir envahie de ce petit coeur qui battait près du mien. 7 mois plus tard, perte des eaux, alors que je ne suis même pas encore en arrêt patho, non c’est un samedi matin, je me dis « aller je dormirais bien encore 1h ». Mon corps en a décidé autrement. Panique totale, on m’a toujours dit que perte des eaux = accouchement 2h après. Mais on ne m’a rien dit sur un accouchement à 7 mois de grossesse. Appel de l’hôpital niveau 3 et embarquement avec les beaux parents pour RDV en urgence là-bas. « Oui vous avez effectivement perdu les eaux ». Sans dec’???? J’ai inondé mon appart’ mais ça aurait pu être une simple fuite urinaire?? Mwahahaha!!! Et voilà, perf dans le bras, et attente dans la splendide chambre d’hôpital avec blouse-vu-sur-mon-cul. Accouchement 2 jours plus tard, le lundi 14 octobre 2013 à 4h03. On m’avait dit « tu verras ça fait super mal, comme des douleurs de règles intenses », on m’avait dit « imagine qu’on te poignarde de l’intérieur »…Ok. En fait c’est un mélange des deux, tes règles qui te poignardent haha!! En résumé, le dimanche soir 22h, contrôle par monito de mes contractions. Et là j’en sens quelques unes sympathiques, mais je vois aussi le monito des autres futures-maman, et je me dis « ouahhhh j’en suis pas encore là!! » aller + fort!!! Oui oui, je me languis de connaître enfin cette douleur dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Et à minuit je suis au bout de ma vie. Mais à 2 doigts seulement. A deux doigts du bout de ma vie!! Périduraaaaaaale pitié!!!! On me la pose. « Monsieur siouplé, c’est normal que je ne sente plus ma jambe gauche, mais que je puisse encore danser le flamenco avec ma droite? » Regards furtifs MAIS captés entre la sage femme et l’anesthésiste, la péridurale ne fonctionne que d’un côté…YOUhouuuu!! Tu voulais de la douleur, tu vas en avoir!! Heureusement, le temps ne passe pas de le même manière quand on accouche. On m’aurait dit « tu as accouché en 10 minutes » je l’aurais cru. Et non. 4h. 4h de souffrances mais de libération à l’issu de cet accouchement, dont je garde malgré les circonstances un très beau souvenir. C’est MON bébé qui a poussé son premier cri. C’est MON bébé que j’ai tellement attendu. C’est MON bébé qui arrive là maintenant. C’est MON bébé qui va devoir se battre pour vivre. 32 SA+4. 1 kilo 580 et 39,5 cm de bonheur, mais de stress aussi. Que va-t-il se passer? Où est-ce que vous l’emmenez? Comment ça on ne fait pas de peau à peau? Chéri suis-les, je veux être sûre que tout aille bien. Ah bon, je rentre dans 4 jours SANS LUI? Mais pourtant MON bébé se porte bien, il n’a quasiment pas eu besoin du masque à oxygène, il est fort ça se voit, c’est un petit guerrier MON bébé. Ce que je n’avais pas réalisé, c’est qu’à partir du moment où j’avais accouché, ce n’était plus MON bébé, mais celui de l’hôpital. Sa maman, son papa, sa famille, durant les prochains jours, ce serait l’hôpital. Le rôle de SA vraie famille, sera secondaire. Je sais que non, il a besoin de sa maman, il a besoin de sa famille, des gens qui l’aiment. Mais quand je ne suis pas là à côté de lui, sa famille de substitution, ce sont les puéricultrices, ce sont les médecins, ce sont les autres bébés de sa chambre. 3 couveuses. Des petits coeurs qui ont besoin d’être « réparés » avant de pouvoir rentrer chez eux. Des naissances à divers termes. De minuscules bébés dans de grandes couveuses. Dans des ventres artificiels car oui, ils auraient tous encore dû être dans nos ventres, et pourtant ils sont là. Les mêmes qu’on voit sur les sites de suivi de grossesse, en image de synthèse. Nous on les voit, ce sont NOS bébés, que l’on prête à l’hôpital le temps qu’ils puissent affronter le vrai monde. MON bébé à moi, il restera 2 semaines à l’hôpital, seul. 2 semaines d’allers retours quotidiens, deux fois par jour. Je rentre je tire mon lait je retourne à l’hôpital. Tous les jours. Toutes les nuits je pense à lui. A comment c’est d’avoir un bébé à la maison. A pourquoi moi, pourquoi nous. J’appelle à 5h du matin les soins intensifs pour savoir « comment va MON bébé que je vous PRÊTE ». Il va bien. C’est un battant. Il veut sortir aussi vite que vous le souhaitez. Et au bout de 2 semaines on a une place en unité Kangourou, dans la clinique où j’aurais dû accoucher, mais niveau 2 donc pas possible. Youhouuuu je vais enfin être avec MON bébé jours et nuits, je vais pouvoir lui montrer qui est sa maman, qui est son papa, je vais pouvoir le présenter à tout le monde, montrer MON bébé, montrer sa beauté, son regard, ses sourires, ses AREUH. C’est MA toute petite crapule.  Et je n’aurais pas pu rêver d’une crapule aussi parfaite. Rebelote, (hé oui les expressions du 15e siècle ne me quittent pas comme ça!), 2 semaines d’hôpital en chambre kangourou, je ne vis que pour lui. Je ne vis que pour qu’il grossisse, qu’il aille bien, qu’on puisse rentrer dans notre chez nous. Tous les jours visite du pédiatre. Tous les matins même quand tu voudrais dormir, avec bébé sur toi. Aller aller, prise de poids, auscultation, vérifier que la maman gère bien le bébé. Merci bien mais j’attends ça depuis 10 ans donc je fais de mon mieux. J’ai un super bébé ça aide. Et enfin ce jour arrive, LE jour, le 8 novembre 2013: ON RENTRE!!!! Merci mon bébé, merci d’avoir pris du poids, merci de nous avoir permis de sortir de cet hôpital si vite, 1kg820, c’est pas tous les jours qu’ils acceptent de faire sortir des bébés avec ce poids là, merci de m’avoir fait devenir une maman comme je suis aujourd’hui, je voudrais vivre pour te rendre heureux, pour voir tous les jours un sourire sur ce petit visage, pour être sûre que tout va bien maintenant. Tu es un bébé sourire, tous les matins le bonheur de te voir discuter dans ton lit quand tu te réveilles, de te voir me parler dans ton langage…Tu es un bébé qui déchire, un fils qui déchire et un grand frère qui déchire encore plus! MA CRAPULE JE T’AIME

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