Un peu plus sur mes Crapules

Pour mon dernier billet de l’année, j’aimerais vous parler des plus beaux cadeaux que j’ai reçus dans ma vie. Mes Crapules.

Je sais ça fait gniangnian prout prout mais c’est quand même ma passion n°1 dans la vie et la raison pour laquelle j’ai démarré ce blog donc, rendons à César…

Je vous en parle souvent, mais jamais vraiment en détail. Mes Crapules sont des presque-jumeaux de 2 et 3 ans. Leur différence d’âge ne se voit plus, surtout lorsqu’ils sont tous les deux dans la poussette. On me demande tout le temps s’ils le sont lorsqu’on sort. Je le comprends, c’est comme si leurs 13 mois d’écart avaient été absorbés par leurs ressemblances.

Mon fils, mon tout-petit arrivé trop tôt, est toujours tout-petit. Il mange de temps en temps, si possible que ce qu’il veut. Il adore sa draisienne, faire de la pâte à modeler et regarder Mickey, Sam le Pompier et la Reine des Neiges. Un peu trop à mon goût, mais c’est encore rattrapable et en cours de sevrage télé.

Il aime son doudou et sa tétine.  Le doudou qu’il a choisi est celui qu’une amie lui a offert. Plein de petites étiquettes à chiffonner. Il est très connu chez Kiabi, ouf. Pour nous c’est doudou-l’âne mais il paraît que c’est une girafe. Je vais prendre rdv chez l’ophtalmo rapidement quand même, avec mes 30 ans que j’ai pris en pleine figure, sait-on jamais…Quoiqu’il en soit son doudou et sa tétine lui permettent de revenir au calme, lorsque ses émotions s’emparent de lui. Il a un rituel avec, il le mordille et triture ses nombreuses étiquettes.

Il aime aussi sauter partout, rouler vite avec sa petite voiturette et vérifier que sa sœur ne joue pas à un meilleur jeu que lui. Il aime les « gogans » (toboggans) et jouer à la balle. Il adore s’emparer d’une manette de PlayStation pour faire comme papa. Maxi Crapule ne cesse de s’affirmer, quand il a décidé que non, il faut se lever tôt pour le faire changer d’avis. Néanmoins il se laisse assez charmer et fait très rarement des crises ou des affronts. Nous sommes très attentifs à ce qu’il ne soit pas contredit, ou alors nous expliquons pourquoi nous devons faire ci ou ça. Il est câlin-mais-pas-trop, a du caractère mais se laisse facilement distraire.

Ma fille est plus espiègle. Elle aime taquiner son frère, mais aussi lui faire des câlins, et même être à son service. Si je demande à Maxi Crapule de jeter ses déchets à la poubelle, je peux être sûre que c’est Mini Crapulette qui s’y collera. Comme quoi, l’espièglerie finalement n’est pas réservée aux petites filles. Elle est très douce mais diffuse ses câlins avec parcimonie. Pas trop ci pas trop là mais un peu de temps en temps. Elle n’a pas de doudou et n’a jamais voulu de tétine. Très indépendante. Elle veut tout faire toute seule, ce qui correspond bien à son âge évidemment, mais qui la définit particulièrement bien. Elle veut faire seule, et en plus elle sait faire seule. Elle m’impressionne de par ses connaissances et sa dextérité malgré son jeune âge. Quand son frère préfère encore laisser maman faire, pourquoi je le ferai après tout maman le fait si bien, Mini Crapulette ne voit pas l’intérêt que j’intervienne alors qu’elle acquiert une nouvelle étape en pleine autonomie. Et je la laisse toujours faire.

Je les ai encouragés à être autonomes, déjà parce que deux bébés aussi proches, ça créé beaucoup de frustration et de culpabilité. On ne peut pas être derrière eux tout le temps. L’autonomie est obligatoire. Et ensuite, elle permet à l’enfant d’être fier de lui, bref, que du bon. Et je vois à quel point cela leur fait plaisir de savoir faire par eux-mêmes. C’est peut-être aussi pour ça que ma fille a su être propre aussi tôt. Puisqu’elle me montrait qu’elle en était capable, alors, je la laissais faire, et elle était ravie! Les couches la journée sont donc passées aux oubliettes en août 2016. J’avoue, je n’avais pas encore cette conception de la chose pour Maxi Crapule, je pense même que c’est moi qui l’ai freiné, pensant que c’était trop tôt (il voulait le pot à 1 an et demi). J’avais aussi peut-être moins le temps à lui accorder, avec sa sœur qui avait 6 mois.

Ce qui me rassure beaucoup aujourd’hui c’est de voir à quel point ils peuvent être complices. Ils jouent ensemble, rigolent ensemble, et le peu de disputes qu’il peut y avoir ne durent jamais longtemps. Le soir, après le bain et l’histoire, ils prennent un petit bibi ensemble dans le lit de Maxi Crapule. On peut voir leur esprit s’apaiser d’être lovés l’un contre l’autre et profiter d’un moment calme avant le dodo. J’aime tellement ces moments-là, quand le temps est suspendu et que je peux profiter d’eux, de leur odeur, de leur chaleur…

Au niveau des apprentissages, Maxi Crapule s’exprime de mieux en mieux, avec des phrases de plus en plus longues. « maman « a » mal au rentre » (maman j’ai mal au ventre). Sa phrase numéro un. Il a quelques petits soucis à ce niveau là…Il sait aussi très bien dire « chocolat » et « céréales », son menu préféré…Il n’aime pas être tiré du lit le matin, surtout en ce moment où je pense que la semaine à venir où je serai en vacances avec eux lui fera du bien. Il adore les guilis et Olaf (la reine des neiges), ça le fait marrer à un point…Il apprécie l’école mais sans plus. Il n’y a plus de larmes pour y aller (elles n’avaient duré qu’une semaine) mais il demande régulièrement confirmation qu’il n’y a pas école le lendemain « maman demain a pas école ».

Mini Crapulette s’exprime très bien. Avec un an de moins que Maxi, elle manque de vocabulaire mais sait très bien se faire comprendre. Elle a beaucoup besoin de moi, des moments où je ne suis là que pour elle. Elle aime rouler la petite voiturette, en me disant « aurevoir maman salut », elle prend la pose pour les photos, et commence à décider comment elle veut s’habiller. Elle n’aime pas quand je la coiffe parce que ça lui tire les cheveux. Elle enlève ses barrettes au bout de quelques minutes. Elle se déshabille à peine rentrée à la maison…Quand je lui dis que je l’aime elle me répond « nan c’est moi euh t’aime ». #fondance. Elle aime diriger et avoir l’attention portée sur elle. Mais elle n’aime pas être trop entourée. Trop d’enfants, et elle se met en retrait, attend qu’on vienne la voir pour montrer tout son leadership. Madame se laisse désirer ^^Elle relit les histoires après moi, et elle me fait mourir de rire parce qu’elle reprend mes intonations et ma façon de parler 🙂

Mes deux Crapules ont énormément de ressemblances, sont complémentaires, et ne se séparent que très rarement. Ce sont deux larrons en foire, à deux c’est mieux, tant pour les bêtises que pour les joies, tant pour les chamailleries que pour les rires.  Je vais espérer que mes deux petits clowns gardent cette complicité et cet amour fraternel intactes.

 

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30

Le 29 novembre dernier, je suis passée de l’autre côté. Tu sais, ce côté où tu peux dire « ahhh vous les jeunes, vous n’avez pas connu ça » et « il y a 20 ans ce n’était pas comme ça ». C’est aussi le côté où on récupère vraiment moins bien après une soirée qui se termine à 2 du mat’, et qui fait qu’on a les yeux gonflés au réveil. A moins que ce ne soit l’abus d’alcool (qui est dangereux pour la santé étou étou) qui fait ça?

Bref, tu l’auras compris, j’ai eu 30 ans.

Et comme à chaque décennie, je fais le bilan. Bon, à 10 ans je l’avais pas fait, le bilan était encore faible. A 20 ans je ne l’ai pas fait non plus, j’étais trop occupée. Donc mon 3e bilan de décennie-que-je-ne-fais-pas-à-chaque-décennie est pour le moins long à établir et sûrement pas celui que j’aurais aimé faire lorsque j’étais petite.

Parce que quand j’étais petite j’imaginais que chacun arrivait à 30 ans avec sa vie idéale, ses souhaits exaucés et une plénitude assumée. J’espère te dire à 40 ans (si je fais un bilan – autre que sanguin) que j’y suis arrivée, yes, ma vie est une cerise sur le gâteau, un pompon sur le béret. Pour le moment, je n’y suis pas. Je m’y approche, j’y tends, mais j’y suis pas. J’ai quasi tout pour y être en fait. Mais un événement récent fait que mon équilibre s’est retrouvé déstabilisé. Comme quoi tout peut flancher pour un rien. Tout ce que je prenais pour acquis c’est transformé en un vrai cauchemar.

Ce n’est pas moi ça. Moi j’aime prendre la vie du bon côté, sourire et positiver. Du coup je ne me reconnais plus. C’est peut-être la crise de la trentaine? C’est peut-être aussi la réalité qui me rattrape. La réalité moche et dure comme les gens sans espoir aiment la voir. 

J’ai toujours voulu tendre vers une vie sans grands chambardements, pas monotone mais calme et paisible, ponctuée d’aventures fascinantes  comme lorsque j’ai donné la vie à mes bébés. Je pensais partager tout cela avec un homme qui me soutiendrait, pour qui je resterai toujours une femme battante et qui ferait son admiration, au moins parfois, pour qu’il se rappelle pourquoi il est a mes côtés et partage ma vie.

Force est de constater que je vivais vraiment dans un rêve. Ma vie idéale, même si finalement elle en était loin, parce qu’on subissait des dommages et des cassures de temps en temps, a pris fin avec mes rêves de petite fille. 

Aujourd’hui je n’ai pas envie de fêter mes 30 ans. J’ai la tête partout sauf dans la fête. A l’extérieur je suis forte, je continue à sourire parce que je sais faire que ça. Et que mes bébés ont besoin de moi comme ça. Mais à l’intérieur je suis brisée et affaiblie comme jamais je ne l’ai été. Je broie du noir et les souvenirs dans ma tête de cette vie que je pensais parfaite se brisent pour me faire comprendre que j’étais juste naïve et bien trop optimiste comparé à ce qui m’attendait. Et cette phrase qui m’envahit même si je l’empêche de prendre le dessus « si j’avais su »…

Si j’avais su j’aurais pas venu. Ça c’est sûr. Mais j’aime penser qu’on se relève toujours de ses blessures, et que ce qui ne tue pas rend plus fort. Un jour je serai plus forte. Intérieurement. Un jour je vous ferai un bilan super positif sur ma vie qui est redevenue un rêve. En même temps tout va bien, mes bébés sont en bonne santé, ils grandissent et s’épanouissent plus que bien. C’est juste ça l’essentiel.Une seule personne ne peut pas briser un monde. Ou alors seulement momentanément.

Ensuite on se relève et on reprend le dessus. Parce que c’est ça la vie à 30 ans. Savoir ce qu’on veut et tout faire pour atteindre ses objectifs personnels. Et aussi embellir sa vie et celle des autres.

Ma princesse a deux ans

Je me rappelle ne pas y avoir cru aux premières contractions. Et pourtant si, tu avais choisi le jour de la Saint Nicolas pour venir au monde, toi ma gourmande d’amour. Mais tu as aussi choisi le 6 décembre 2014 parce que tu voulais montrer aux Miss France qui defilaient le soir-même que c’était toi la plus belle. 

Je me rappelle t’avoir posée sur moi et avoir senti tes premières secondes s’ancrer en moi. Ta petite tête boudeuse qui ne comprenait pas encore ce qui venait de se passer. Je me souviens de tout ma poupée. J’ai débarqué dans la salle d’accouchement avec mes contractions et mon gros sac, que j’avais fait 5 minutes avant de partir pour la clinique. Et c’est pourtant le pyjama qui avait appartenu à ton frère que la sage femme a trouvé en cherchant dans cette valise.  Le seul pyjama que j’avais ramené et qui lui avait appartenu. Elle aurait  pu prendre un de ceux que j’avais acheté rien que pour toi. Je me retrouvais, 13 mois et 22 jours après avoir mis au monde ton frère, dans cette clinique où j’avais passé tant de temps avec lui, à attendre de faire ta connaissance. 

Je me rappelle avoir tellement eu peur que vous ne vous entendiez pas. A avoir tellement eu peur de ne pas arriver à gérer deux bébés. Je me suis remise tant de fois en question. J’ai accumulé les nuits entrecoupées à m’occuper de lui, de toi, de tous les deux.

Je voudrais que tu te rappelles de tous les moment où je te prenais dans les bras, des milliers de photos que je prenais afin d’immortaliser ton éclat, tes sourires, tes faits et gestes. J’aimerais que tu gardes dans tes souvenirs la petite bête qui monte et qui te fais rire, les câlins que tu faisais à ton frère, la joie que tu avais de me voir dès que je poussais la porte le soir. Les heures passées à jouer, lire, flâner sur le canapé. J’aime tellement tout ça, m’occuper de toi, de ton frère, de vos bonheurs. 

Tu as deux ans aujourd’hui mais tu parais les avoir depuis un moment déjà. Tu sais ce que tu veux et ne te laisse pas faire, tu es tout le temps joyeuse et une vraie coquine.

Je t’aime ma fille, je sais que je te le dis tout le temps mais sache que je continuerai à te le dire encore et encore rien que pour t’entendre me dire « nan c’est moi eu t’aime » 💗