Un si petit écart: avoir deux bébés en deux ans

Je ne sais plus si je l’ai déjà dit, mais ma maxi crapule a été fortement désirée. Elle a mis deux ans à s’installer. 23 mois précisément. Je sais à quel point le temps peut paraître long dans ces moments là. Quand on est deux à espérer chaque mois que l’un des deux grossisse. Plus que l’autre en tout cas (coucou la couvade de monsieur papa! 😉 ).
On a failli y passer, à la procréation médicalement assistée. Mais le miracle s’est produit, un mois avant le début des festivités. Il était prévu que je rencontre un grand professeur, recommandé par ma grande gynéco. Y’a même eu une lettre qui commençait par « cher confrère ». Me fera toujours rire ce mot.

Mais tout ça a été balayé d’un revers de test positif. On passe de 23 mois d’angoisse à un instant de bonheur ennivrant. Clac. Enfin « psssss » plutôt. (Amis de la poésie…)
Bizarrement, je n’ai pas été stressée par cette grossesse. Même si elle n’a pas été de tout repos.
Je savais que tu resterais avec nous, que tu t’accrocherais.
Le 8 juillet 2013, on nous apprend que tu seras un garçon. Le rêve. Je voulais un ptit mec. Un fifils à sa môman. Un casse-couille-coup. Puis faut dire, on avait déjà le prénom. Depuis 5 ans. Un épisode de Pokémon à la tv, et tiens en passant « oh il est top ce prénom tu trouves pas? ». Ouhhhh je dévoile un sacré scoop! Oui c’est grâce à Pokémon que notre fils s’appelle Sasha. Mais c’est moi qui ai insisté pour le « s » du milieu. Fallait que notre fils soit unique. Un original au milieu de tout ces « c » habituels. Le prénom, nous l’avions donc depuis un moment.

Il a d’abord été ça d’ailleurs, un prénom. Beaucoup de couples cherchent un prénom après la bonne nouvelle. C’est peut-être ce qui a rendu notre attente aussi longue. Il nous manquait juste le petit corps qui porterait notre coup de coeur.
Tu es né trop tôt, et tu m’as montré une fois de plus que tu t’accrocherais. Là non plus, je n’ai jamais douté. Je savais que tu te sortirais haut la main de cette épreuve. Et tu y es arrivé. Mon petit combattant. Mon petit guerrier. Une vraie crapule. Le temps passe tellement vite, mais bien, avec toi. 18 mois. Le temps de deux grossesses. A terme.
Tu es un vrai bonheur. Nous avons eu de la chance. Avant que tu arrives, j’en ai entendu des choses. Des « tu verras tu regretteras ta vie d’avant », des « profites-en tant que tu peux, après tu pourras plus » et même des « c’est de la folie de faire des enfants de nos jours ». Si si, ça s’est entendu. Mais jamais je ne regretterais. Tu as su tout faire tout de suite: respirer sans masque à oxygène dès ton premier jour de vie, respirer sans les « lunettes » à oxygène au bout de 4 jours de vie, tétouiller, alterner sein et biberon, prendre du poids, donner de la force (à moi notamment), dire « areuh », faire tes nuits à 4 mois, manger à 5 mois, ramper, faire du quatre pattes, marcher à 17 mois…Chanter, déchanter (quand je te dis non), applaudir, dire « encore » en langue des signes, puis finir par dire des mots. « Maman », « dada », « mam », « té » (monter), « bal' » (balle)…mais ce que tu fais de mieux, c’est sourire. Sourire, et rire aux éclats. Comme j’aime le son de ton rire. Ca fait prendre conscience de la chance qu’on a de t’avoir. Ton petit rire pur, innocent.

Voilà aussi pourquoi, quand j’ai su que j’attendais ta soeur, j’ai eu peur. Peur que tu perdes ta spontanéité. Peur que tu m’en veuilles de laisser entrer un autre bébé dans nos vies, alors que la tienne avait commencé si durement. Je ne voulais pas avoir ce sentiment. Mais j’avais l’impression de te trahir. C’est peut-être bête, mais c’était mon ressenti. Peur aussi de passer à côté de toi, tes moments, tes progrès, tes découvertes.
Aujourd’hui je sais. Je sais que je m’étais trompée. Pourtant tu m’avais montré que tu étais le grand frère idéal. Celui qui la bercerait quand elle pleurerait. Celui qui lui ferait des bisous et qui adorerait la caresser.
Finalement, nous avons espéré un bébé, nous en avons eu deux. En deux ans. Nous sommes passés de « pourrons-nous un jour avoir un enfant » à parents de deux bébés. En deux ans. Oui nous le voulions, pas aussi vite, mais deux bébés au moins, oui!

Ma grossesse pour Mini Crapulette s’est très bien passée. J’en ai aimé chaque instant. Puis savoir que tu étais une fille, le 4 juin 2014, a emplifié mon bonheur. Je deviendrai donc maman d’un garçon et d’une fille. Parfait. Tout ce que j’ai toujours voulu
J’ai profité de chaque instant, seule avec toi, mon enfant unique, pendant 14 mois. Je me suis consacrée entièrement à toi. Et j’essaye toujours de le faire aujourd’hui, même si ta soeur n’est jamais loin.
Enceinte, je me demandais si je pourrais l’aimer autant que toi? Maintenant je sais que c’est possible. Sauf quand tu me fais ta crise, là je préfère ta soeur. 🙂
Z’êtes mes bébés d’amour, mes ptites crapules. Oh oui de vraies crapules, on n’en douterait pas une seconde!

Mais faut voir le bon côté: vous aurez forcément une complicité que des enfants avec un écart d’âge plus important n’auront pas. Je ne dis pas que vous allez vous entendre bien, tout le temps. Mais on fera en sorte que vous ne puissiez jamais vous passer l’un de l’autre. Un peu comme des jumeaux.

Finalement, cet écart d’âge qui me faisait tellement peur au début, me rassure aujourd’hui. Les aspects positifs ressortent de plus en plus, pour écraser les appréhensions de départ. Paf les appréhensions. Je n’ai plus peur de devoir gérer deux bébés. L’essentiel finalement, c’est que les deux soient en vie, et en bonne santé. Le reste ça peut attendre. Les pleurs se font moins stressants. Quant aux situations de crises, et bien chaque chose en son temps. Oui on devient philosophe en même temps que maman.

Et toi, tu es plutôt grand écart? Ou à la chaîne? 😉

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10 réflexions sur “Un si petit écart: avoir deux bébés en deux ans

  1. Très joli texte encore une fois. Rempli d’amour.
    Des questionnements légitimes même si ça fait mal.
    2enfants ici aussi un garçon d’abord un amour fusionnel. Une envie de 2e mais la peur de pas ressentir un amour aussi fort alors on attend. Et puis 2e grossesse 3ans apres la naissance de mon pti prince. C’est voulu mais toujours le doute. Et puis à 7mois les mauvaises nouvelles arrivent les unes après les autres… et finalement le jour J et ce sentiment d’amour different pcq ils sont différents mais tout aussi fort. Amplifié par la nécessité de se battre pr la garder. Une relation fusionelle pcq elle est si petite.

    Oui le 1er enfant c’est exclusif mais nos coeurs grossissent en mm temps que nos ventre.

    Ici c’est donc un ecart d’âge moyen mais a 3ans et demi et on est pas encore tout a fait autonome.

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  2. Et tu gère formidablement bien ma belle ! Les crapules sont des amours, je te sens zen, épanouie, et surtout heureuse, et ça, ça vaut tout l’or du monde !
    Continue d’avancer comme tu le fais si bien, continue de sourire, de rire, et de nous faire rire ! Moi en tous cas !
    Crapulette a tellement aimé qu’elle m’a laissé un souvenir 🙂

    Gros bisous !

    Aimé par 1 personne

  3. Pingback: Résumé de l’année 2015 | la maman des deux crapules

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